L’HUMEUR DU COACH
Le 12 avril 2008
Je me demande parfois ce que je fous ici. Quand j'ai demarré ma pratique du futsal, nous participions à des petits tournois une fois par mois. Entre chaque match on allait se siffler une bière, il fallait aller récupérer des joueurs dehors qui fumait leur clope alors qu'un match devait commencer, bref, c'était cool, du loisir, sans se prendre trop la tête. Comme un tournoi de sixte au mois de juin, où les grillades et l'apéro sont plus importants que les matchs. Mais moi j'aimais le futsal. Le sport. Une vraie pratique, qui a éteint ma passion pour d'autres sports, une révélation.
J'ai donc choisi d'en faire mon activité sportive numéro un. Avec les moyens du bord. On n'allait pas s'entrainer trois fois par semaine, mais y mettre un minimum de sérieux. De fil en aiguille, comme il n'existait pas de club, avec d'autres qui me semblaient sur la même longueur d'onde, nous avons créé l'association. Le début du projet "Futsal Marguerittois". Faire de ce sport une vraie pratique sportive, régulière, sérieuse. Nous ne sommes pas des professionnels. On joue pour le plaisir, comme n'importe quel sport qu'on ne pratique pas dans les trois ou quatre divisions de niveau national. Un handballeur qui joue en cinquième division, ou un footballeur qui joue en division d'honneur, un gars qui va participer au marathon de Paris pour finir en 3h30 ne font pas ça pour l'argent, mais pour leur plaisir. Ca ne les dispense pas de s'impliquer, de s'entrainer dur, de faire ce qu'ils font avec sérieux. Pour le plaisir.
Mais visiblement, ma vision de ce projet ne fait pas l'unanimité. Tout le monde ne partage pas mon point de vue. Pour certains, le futsal reste un moyen de rigoler, une approche purement "loisir". Le terme "compétition" ne signifie rien pour eux. Ce qui en soit ne me gêne pas. Il y a de la place pour tout le monde dans l'univers du sport. L'important est de ne pas se tromper d'endroit.
Notre club participe à une compétition, qui s'adresse en théorie à des gens qui partagent mon approche. Il devient dès lors inconcevable de venir sans la moindre motivation, de refuser la compétition. Si l'on n'en veut pas, on joue parmi ceux qui pratiquent en pur "loisir". Ce n'est pas un reproche, je n'ai pas de mépris pour eux. Mais ce n'est pas ce à quoi j'aspire, et ce n'est pas le but de mon club. Avec une telle approche, pas besoin de chercher des maillots, pas besoin de site internet, pas besoin de sponsor, pas besoin de soucis de gestion d'effectif, pas besoin de gars qui se prennent la tête comme je peux le faire. Mais on ne peux pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Avoir la liberté de s'en fouttre, pendant que les autres y mettent du coeur, du temps et de l'énergie.
Quel que soi le destin de notre équipe, en Série B, en Série A, il faudra rectifier le tir. Pas d'erreur de casting. Créer plusieurs équipes, qui participeront aux matchs qui correspondent à la vision et l'envie de chacun. Pour que personne ne soit lésé, ne soit démotivé. Que chacun se sente bien, car il est là où il doit être. Mais il n'est plus possible de faire cohabiter sur le même terrain compétiteurs et joueurs de 'loisir'. Sinon, tout le monde perd l'envie, et du même coup le plaisir. Donc tout sens de la pratique.
Les matchs officiels ne sont pas comme nos pseudos entrainements du lundi, et je pense que certains n'arrivent pas à faire la transition. Donc, soit je saborde l'équipe, soit je fais le choix de ne faire jouer que ceux qui ont la motivation de faire de la compétition. Soit je m'en vais, car je ne suis pas à ma place. Mais je ne peux pas accepter, alors que nous jouons l'avenir du club en Série A, qu'on se laisse aller.
Je réfléchirai à deux fois quand nous recruterons pour la saison prochaine, je veillerai à ce que chacun se trouve à la bonne place. Mais jusqu'à ce que la descente ou le maintien ne soit mathématiquement joué, il faudra faire les bons choix, avant que je ne pose ma démission.