L’HUMEUR DU COACH
Le 7 décembre 2008
Un peu de mise à jour sur le site. Enfin un résumé de match. Il coincide avec une de nos trop rares victoires. Ce n'est qu'un coincidence, mais peut-être pas que, je l'admets... J'ai découvert il y a peu, enfin plutot mon boss me l'a rappelé, que j'avais une activité professionnelle. Des journées longues et très prenantes, plus le temps pour le site. Mais, avouons-le, également de la lassitude. Trop de contrariétés, trop de déceptions. Des soucis personnels également.
Les contrariétés et les déceptions, je vais en parler un peu. Il ne s'agit pas des résultats. Gagner ou perdre c'est le jeu. L'important c'est de savoir si on sera capable de gagner ou de perdre comme des hommes. C'est sur qu'un coach qui vous dit que le résultat n'est pas ce qui l'affecte le plus, ça doit surprendre. Mais c'est simplement que notre projet va bien au-delà de quelques victoires, ou de quelques défaites. Trop rares sont les vrais clubs, ceux qui veulent continuer à exister à travers les années, ceux qui sont plus que des petits groupes de collègues qui viennent taper dans la baballe, presque égoistement je dirais. Je les comprends presque, ils ont simplement envie de s'amuser, et ils existent dans l'immédiateté. Ce que je veux faire prend plus de temps. Et je peux construire aussi bien en Série B qu'en Série A, que l'on joue le titre ou bien le maintien. Ce genre de considérations, je les laisse à mes joueurs. Voulez-vous gagner, ou accepterez vous de perdre, c'est votre choix.Bien sur, quand je coache, c'est pour atteindre la victoire. Mais si on perd, celà ne veut pas dire que l'on a eu tort ou que l'on a mal joué. Je préfère chuter en visant une mentalité, une attitude, un style de jeu "100% futsal", que gagner en faisant autre chose. Ce qui peut m'attrister, ce n'est pas le résultat, c'est la manière...
On ne nous aura pas épargné grand chose jusqu'à présent. Dès le départ, dès la présaison. Des joueurs sont venus s'entrainer, plusieurs fois. Ils étaient pas mal, et ils devaient signer. Puis ils ont disparus, totalement volatilisés. J'aurais cherché quelqu'un d'autre si j'avais su, mais quand on me dit "compte sur moi", alors oui j'y compte. Si on n'est pas intéressé par mon sport, ou juste par mon club, on dit laisse tomber, et on s'en va. Mais au moins on clarifie les choses. Je ne vais pas m'en offusquer. Moi j'avance. Mais il faut le dire. Premières déceptions. Certains ont disparus, d'autres ont voulus changer de club. Bonne route à eux. Mais désormais je ne lasserai plus personne quitter le navire. On s'engage avec moi, on roule avec moi, ou alors on a rien.
Puis viennent ceux qui disparaissent tout doucement, qui décrochent, qui s'éloignent progressivement du groupe. Ils ont leurs raisons, je ne juge pas. Je constate juste que je suis désormais un peu court en effectif quand les deux équipes jouent en même temps... Et c'est toujours triste de perdre comme ça des gens, ça me renvoit à la face que je n'ai pas su proposer un projet suffisamment intéressant.
Dans le registre contrariétés, nous avons du nous passer de notre gardien sur blessure. C'est la vie, c'est pour ça que l'on compose un effectif qui compte plus de 7 ou 8 joueurs. Ca lui aura permit de profiter un peu de la naissance de son petit, et permit à un petit jeune de faire ses dents. Ce genre de choses m'embête, mais ne me décourage pas. Il est revenu, on sait qu'on a un autre gardien qui peut tenir le coup. Et bientôt nous récupèrerons également le président Gonthier qui gambade comme à ses 20 ans. Et Arnaud Khedis. Comme nous en perdrons parfois d'autres.
Dans les cruelles déceptions, il y a ceux qui claquent la porte sans un mot, sans explication. On compte sur eux, et puis plus rien. Comment l'interprêter? Pourquoi? On est trop mauvais pour eux? Je ne vais pas courir après les gens. Je suis toujours prêt à pardonner, tout le monde à droit à l'erreur. Mais pour être pardonné, il faut vouloir l'être.
Il y a ceux qui sont venus s'entrainer en cours de saison, qui on dit "je signe!", et qu'on a jamais revu.
Ce qui me déçoit, ce n'est pas tel ou tel résultat. C'est la manière, l'envie, le réaction, l'attitude. Je ne vais pas taper un résumé après un match comme celui que nous avons livré face au Bon Accueil par exemple. Un véritable cauchemar. Les maitres mots étaient "rigueur, sérieux, replacement, combativité". Après trois minutes, menés 3/0. Après 8 minutes, temps mort, menés 6/0. Ou quand on a envie que le match ne dure qu'une seule mi-temps. Quand on se dit que si les joueurs n'écoutent pas ce que l'on dit, n'appliquent aucune des consignes, quand on les voit baisser la tête et les bras alors que nous sommes là pour le plaisir, et bien on ne sert à rien. Perdre contre Bon Accueil, ce n'est pas infammant, c'est une magnifique équipe, qui aurait pu être championne la saison dernière. Mais perdre de la sorte, ça m'a profondément touché. Surtout que je crois que ce groupe vaut beaucoup, beaucoup mieux. Comme il l'a montré face à Remoulins. Solide, tous ensemble. Combatif, tous ensemble. Sérieux, réceptif, tous ensemble. Ne renonçant pas, continuant à lutter, encore et toujours. Nous continuerons évidemment à faire des passes imprécises, à rater des controles, à perdre des face à face avec le gardien. Mais ce n'est pas grave. Il y a beaucoup de passes, de tirs, de face à face pendant un match si on se bat. Les buts s'encaissent, mais ils se remontent aussi si on ne renonce pas. Ce qu'on a vu à Remoulins. Avec des vieux. Des anciens. Le "canal historique" du club. Où étaient les recrues fabuleuses? Nulle part, car soit elles se volatilisent, soit elles font la gueule. Ne restent que les purs, les vrais, ceux qui sont toujours là et qui répondent présent. Dans mon club la porte est ouverte pour ceux qui veulent nous rejoindre, plus on est de fous plus on rit. A eux de s'intégrer, et de ressembler à mes vieux, mes anciens, mon "posse". Parce qu'en définitive, maintenant je le sais, ces mecs là savent gagner ou perdre comme des hommes.