La réalité du monde du futsal :
Malgré l’existence d’une fédération internationale de futsal, l’AMF, reconnue par les instances gouvernementales des Etats et du sport, et historiquement liée à l’existence même du futsal, la FIFA tente de s’arroger le monopole de la pratique de ce sport, sans en reconnaître pour autant la spécificité et l’existence propre.
Devant l’inertie de la Fédération Française de Football, qui ne reconnaît aucune existence légale à un club de futsal, qui ne considère aucunement ce sport comme une priorité, et n’offre aucune perspective aux pratiquants qui ont choisi le futsal et uniquement le futsal, nous avons donc créé notre propre club et rejoint l’Union Nationale des Clubs de Futsal, afin de pratiquer, librement, le sport que nous avons choisi, sans subir le diktat de qui que se soit.
Pour la saison 2006/2007, le district Gard-Lozère de Football a organisé la bagatelle de 4 matchs pour le compte de la coupe de France de futsal, pendant que le Futsal Marguerittois, sous le nom de « Autovision Uchaud », notre sponsor, prenait part à deux compétitions organisées par le Comité du Gard de futsal de l’UNCFs : le Défi 30 et le Challenge 30. Soit près de 250 matchs de futsal.
Il n’existe AUCUN club de futsal au sein de la FFF. Pour cause, aux yeux des personnes gérant le football en France, seuls ont le droit d’exister les clubs de football disposant d’une section « futsal ».
Mais dans le monde du Futsal, il est un point crucial : le terme « futsal » appartient à l’Association Mondiale de Futsal , qui régente le futsal traditionnel, le « vrai » futsal, le futsal originel, reconnu comme sport éthique et non-violent par l’Organisation des Nations Unies. Ce sport possède un état d’esprit propre, ses codes et ses modes de fonctionnement, ainsi qu’une Histoire, indélébile. Rien n’autorise les membres de la communauté du football à décréter qu’ils sont les seuls à avoir le droit d’organiser un sport, de manière unilatérale.
Le sport pratiqué au sein de la FIFA est officiellement dénommé « Futsal FIFA 2000 ». Les règles originelles ont été modifiées, pour ne pas dire détournées et volées, dénaturant par là même l’état d’esprit du futsal.
Et les instances du football ont décidé, au mépris de la vérité historique, des faits réels, et au mépris de la liberté des futsalleurs partout dans le monde, que le futsal était un « dérivé » du football.
Heureusement, la puissance financière ne suffit pas toujours pour imposer sa volonté, elle ne suffit pas pour éteindre une passion, ni entraver les libertés, pourvu qu’on veuille résister.
Parce que nous croyons que chacun peut changer les choses, parce que nous croyons qu’une personne peut choisir de ne pas être broyée par un système, parce que nous croyons que nous pouvons être libre, et parce que nous aimons le futsal, voici donc le FUTSAL MARGUERITTOIS.
Nous cherchons activement à obtenir des créneaux dans le gymnase municipal, afin de pratiquer ce sport qui est la raison d’être de notre association, et transmettre notre passion, véhiculer ses valeurs. Malheureusement, les institutions du football jouent activement de la confusion entre le futsal, le vrai, et son erzatz, le futsal de la FIFA. L’amalgame est facile devant les non-initiés que peuvent être les élus qui décident de l’attribution des salles. Et le club de football ayant présenté un éventuel projet de création de section « futsal FIFA », la préférence de la mairie semble aller au football. Même s’il n’y a aucun projet viable, aucune politique de développement, aucune compétition valable.
La politique semble être « une seule association par activité ».
Même s’il ne s’agit pas de la même activité.
Même si le monde du football, avec ses moyens énormes, n’a jamais rien fait pour développer son futsal.
Même si nous n’existons que pour le futsal.
Même si notre structure existe déjà, et que la section « futsal » du club de football n’est qu’un vague projet au mois d’août.
Même si une éventuelle section futsal ne participerait à aucune compétition de la FFF.
Même s’ils bénéficient déjà des structures municipales.
Même si la liberté d’association est inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
On nous reproche de ne pas avoir beaucoup de licenciés. Mais comment en avoir si l’on ne peut pas pratiquer, s’entraîner, inscrire plusieurs équipes ?
On nous reproche de n’avoir pas suffisamment de licenciés issus du village. Mais comment en avoir avant les inscriptions de joueurs ? Et où les faire évoluer ? Les associations des villages sont-elles uniquement composées de gens du « terroir » ? Le Bureau élu lors de l’Assemblée Générale Constitutive doit-il être considéré comme la totalité des licenciés ?
Le monde du sport et le monde associatif sont le reflet du monde « réel » : aujourd’hui, il n’existe visiblement qu’une seule possibilité, intégrer ce qui existe déjà. Rentrer dans le système en place. Impossible d’en sortir, même lorsque celui-ci fonctionne mal ou ne répond pas aux attentes des citoyens. Impossible de créer. Impossible de faire respecter la vérité si l’on n’a pas la puissance de l’argent derrière soi.
Impossible d’être considéré quand on est jeune.
C’est du moins ce que l’on veut nous faire croire. Mais pour un futsal libre, indépendant et reconnu en France, la lutte continue. Nous ne baisserons pas les bras.
Nous voyons le futsal comme une activité sportive, un moyen de prendre du plaisir, mais également comme un vecteur de valorisation de certaines idées. Un moyen de rendre au sport ses valeurs d’origine : le fair-play, le respect, le dépassement de soi. Personne ne gagne en intimidant l’adversaire, personne ne gagne en étant violent. L’anti-jeu est radicalement sanctionné par les membres de l’UNCFs, et les règles du futsal originel sont drastiques sur le sujet. Le futsal n’est pas qu’un passe temps, c’est aussi une philosophie.
Le futsal est un vecteur de la Culture pour la Paix.